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L'aventure Europavox !

L'aventure Europavox !

Actu / 25 juin 2020

Quinze. C’est un nombre qu’il ne faut pas prendre à la légère, et à Clermont-Ferrand, terre de rugby, encore moins qu’ailleurs. Quinze, donc. C’est un nombre qu’il faut d’autant moins prendre à la légère qu’il aurait dû être en 2020 le numéro de l’édition du festival Europavox, une aventure qui depuis sa naissance en 2006 a déjà vécu plusieurs vies. Des premiers pas disséminés sur tout le territoire auvergnat (et plus si affinités) aux deux dernières années en plein air toute (ou peu s’en faut), il y a eu des découvertes et des confirmations, des moments de complicité, des rencontres inopinées, des amitiés qui se sont tissées, une fidélité qui s’est imposée… Et puis aussi, tout un tas d’anecdotes, de celles qui construisent des légendes : au hasard et parmi d’autres, la remise des clés de la ville, pour cause de jumelage entre Clermont et Salford – banlieue de Manchester – au légendaire bassiste de Joy Division et New Order Peter Hook par Monsieur le Maire Serge Godard, le bœuf improvisé de M sous les arbres de la scène Fac’Tory devant des spectateurs interloqués, le concert tout en nerfs livré dans l’enceinte mythique du stade Michelin par l’inusable Manu Chao.

 

 

Alors, l’événement imaginé par les deux têtes pensantes et agissantes François Missonnier et Didier Veillault n’a cessé de gagner en importance et renommée, de peaufiner succès critique et public – plus de 40 000 festivaliers se sont donnés rendez-vous dans la chaleur des nuits d’été de la dernière édition. En osant jouer la carte d’une programmation sans œillère (le hip-hop croise la chanson, le rock ferraille avec l’électro, le métal fricote avec la pop, pour résumer) où se sont croisés artistes de renom et en devenir, en s’appuyant sur la notoriété d’une scène nationale en effervescence – sans jamais oublier de puiser dans l’incroyable vivier de la scène locale – et en allant chercher les fleurons des scènes voisines, Europavox a gagné ses galons de festival qui compte, en particulier auprès de tous ceux qui, comme ses initiateurs, restent persuadés à juste titre que l’Union fait la force artistique et culturelle.

 

Rendez-vous local à rayonnement international (et vice-versa) – des journalistes accourent de l’Europe entière pour raconter les concerts, mais aussi la foule bigarrée, la gastronomie variée, les conférences passionnées –, l’événement polyglotte aurait donc dû lancer sa quinzième édition ce jeudi 25 juin, sur le parvis de la Coopérative de Mai. Mais voilà… Il s’est passé l’impensable, cette crise sanitaire sans précédent qui a touché de plein fouet l’Europe, le Monde. Comme les autres rendez-vous musicaux de l’été 2020, Europavox a dû faire contre mauvaise fortune bon cœur. Mais il était impossible de ne pas marquer le coup et est née l’idée d’Europavox on Air, qui, comme le hasard des calendriers fait parfois bien les choses, va également permettre de fêter les nouvelles appétences d’Europavox Project, dessein ambitieux réunissant sept pays (France, Autriche, Belgique, Croatie, Italie, Lituanie, Roumanie), autant de festivals, un média en ligne et des idées un peu folles, virtuelles comme réelles.

 

 

Alors, en ce 25 juin 2020, entre 18h00 et minuit, ce sont dix-huit artistes qui joueront live sur les réseaux le temps d’une programmation en guise de clin d’œil appuyé à la philosophie historique de l’entité Europavox, avec comme fil rouge, la déjà légendaire Grande Chorale de la Coopé qui rendra hommage à trois noms ayant marqué l’histoire du festival : M (lui, encore), Gaétan Roussel et Franz Ferdinand. Avec le soutien de partenaires à la fidélité éprouvée (le festival Vidéoformes, la ville de Clermont, la Région Auvergne Rhône Alpes, entre autres), il y a aura des artistes du cru, mis en scène dans des endroits emblématiques de (ou proche de) Clermont-Ferrand : Morgane Imbeaud déclinera sa pop élégante depuis la serre de Vulcania, quand la soul rétrofuturiste de Thomas Khan résonnera dans les travées de Michelin alors que le flow de la rappeuse Illustre rebondira sur les murs de la FRAC. En Belgique, sur fond de hip-hop déstructuré, Glauque confirmera sans doute qu’il est bien “le groupe que le monde entier attendait” – dixit Les Inrockuptibles. À Vienne, le trio Dives prouvera définitivement que les femmes sont l’avenir du rock et depuis la Lituanie, Victor Diawara, alias Afrodelic, célébrera la sortie de son single « Le temps est venu » et le mariage des musiques traditionnelles africaines avec l’électronique pour mieux rendre hommage aux écrits de feu son père, poète et écrivain. Pendant ce temps, sous le nom programmatique de H.O.P.E [Collective], les Italiens de JoyCut et leur vrai-faux compatriote Julian Zyklus se sont acoquinés à distance avec les Clermontois Comausore, Léo Roche, Mr No et Nicolas Höfner pour façonner I Can’t Breathe, une création originale sonore et visuelle …

 

Parce qu’Europavox on Air n’est pas qu’un simple palliatif. À commencer par les organisateurs et les principaux acteurs, tout le monde sait que les sensations que procure un “vrai” concert sont uniques – ces acclamations qui résonnent, ces peaux qui se frôlent, ces corps qui ondulent, cette communion qui s’instaure alors que sur scène, l’artiste est en quête de la perfection de l’imperfection. Mais les concerts en format digital sont eux aussi un moment unique partagés en instantané par des dizaines de milliers de personnes –, un moment rare où deux de nos sens – auditifs et visuels – sont sur le qui-vive. Où l’image en mouvement devient le compagnon rêvé d’une bande originale qui n’est plus imaginaire, accompagnant un artiste qui, à nouveau sans filet face à des caméras sans pitié, tente de trouver l’équilibre parfait  … Alors, entre spectateurs et musiciens, il ne reste que l’essentiel : ces émotions, ces frissons que seuls un rythme, une mélodie, une boucle, un refrain sont capables de procurer, sont capables de susciter. Ces émotions, ces frissons qui, quelles que soient les origines des artistes, parlent une seule et même langue. Avec l’aide de tous ceux qui pensent de même, des partenaires particuliers aussi bien publics que privés, c’est bien cette langue à la fois singulière et plurielle qu’Europavox veut défendre par-dessus tout, en faisant exploser les frontières, les barrières, les carcans, en facilitant, via ses événements en ligne, en salle ou en plein air, via son media (qui rejoint quelque 700 000 internautes chaque mois et héberge 28 nationalités !) et ses réseaux en tout genre, les rencontres, aussi improbables soient-elles, entre les artistes, entre les genres, entre les gens. Pour que l’Europe, musicale et autre, se retrouve définitivement sur la même longueur d’ondes.

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